Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Association Paris-Québec

Association Paris-Québec

Régionale Parisienne de France-Québec.


Le secteur minier : nouveau pilier de l’économie québécoise

Publié par Paris-Québec

Le secteur minier : nouveau pilier de l’économie québécoise

[Depuis le début des années 2000, la demande mondiale de produits miniers, tirée en avant par le développement économique de l’Inde et de la Chine, croit de façon exponentielle. Non seulement en matière de minerais traditionnels comme le fer, le nickel, la bauxite (pour l’aluminium) : mais aussi de minerais plus rares tels le Titane (utilisé en aéronautique) ou le cobalt, et le lithium ( appelés par les l’industrie électronique).  Cette demande a favorisé les Pays comme le Québec, aux ressources considérables, en rapport avec un immense territoire  : extraction minière multipliée par 3 depuis cette date, et  poids du secteur dans l’économie, minime à l’origine, décuplé, notamment par la découverte de gisements nordiques, plus amples et diversifiée. Il en constitue, désormais, l’un des piliers : d’une part en terme de fraction du PIB,  puisque, de négligeable , il est  passé, en 2017, à  environ 2,5 %, et,  d’autre part, en termes d’exportation à l‘international, puisqu’à la même date, il en représentait environ 20% (à peu près autant que la production de moteurs ou de pièces d’aéronef). Ndlr]

                                              

Carte secteur minier du Québec 
Carte minière du Québec (ISQ, 2018)

L’activité minière au Québec, par Robert Marquis

géologue, ancien Président-directeur général de l’INMQ, ancien sous-ministre au ministère québécois des ressources naturelles, de la faune et de la restauration des sites abandonnés

Introduction

Sur l’échiquier international, le Québec est un producteur d’appoint d’or et de fer, car il contribue pour moins de 1% à la production mondiale. Bon an, mal an, une vingtaine de mines sont simultanément en activité. Elles exploitent également du zinc, du nickel, du niobium, du titane, de la silice et du sel, du graphite et d’autres substances minérales, tels le cobalt et l’argent, en faibles quantités, ou en sous-produits d’autres minéraux.

Actuellement, le principal camp minier aurifère du Québec se trouve en Abitibi-Témiscamingue, le long d’une structure géologique majeure, la faille de Cadillac, exploitée depuis les années 1920. Il regroupe 7 mines de tailles variables, la plupart du temps exploitées en souterrain à l’exception notable de la mine Canadian Malartic. À elle seule, cette fosse à ciel ouvert produit plus de 600 000 onces d’or par an, ce qui en fait la plus importante mine d’or au Canada. En activité depuis 2011, sa construction a nécessité le déplacement d’un quartier complet du village de Malartic, et l’adoption d’une nouvelle norme dans la gestion des impacts sociaux associés à l’activité minière.  
Les mines de fer du Québec sont localisées sur la Côte-Nord. Leur exploitation prit son essor dans les années 1950, avec la mise en valeur d’importants gisements situés dans la fosse du Labrador. Actuellement, quatre mines sont en opération à Fermont et à Schefferville. Extrait dans l’arrière-pays, le minerai de fer est ensuite transporté par rails jusqu’aux ports en eaux profondes de Sept-Iles et de Port-Cartier où se trouvent également des usines de bouletage, qui ajoutent de la valeur au minerai brut. Arcelor Mittal, Champion Iron Ore et Tata Steel Minerals Canada exportent quelques dizaines de millions de tonnes de minerai et de boulettes de fer vers les aciéries américaines et européennes, ce qui contribue de façon significative à maintenir une balance commerciale équilibrée entre le Québec et ses partenaires étrangers. Du minerai de titane, riche en fer, est également exploité au Havre Saint-Pierre, par la société Rio Tinto. Le minerai de titane est transformé en pigment à peinture, au complexe métallurgique installé à Sorel-Tracy.

En ce qui concerne la transformation des métaux, le Québec dispose aussi d’une fonderie de cuivre. Située à Rouyn-Noranda, elle se spécialise depuis une dizaine d’années dans le recyclage des produits électroniques  : téléphones, tablettes et ordinateurs désuets. De plus, deux affineries, de cuivre et de zinc, génèrent des retombées économiques importantes dans la région métropolitaine.

Stratégie gouvernementale, en appui au développement durable du secteur minier  
La stratégie du gouvernement du Québec, en appui au développement durable du secteur minier, consiste, en premier lieu, à diminuer le risque associé à la recherche de nouveaux gisements. Depuis 2006, Géologie Québec, équivalent québécois du BRGM français, consacre entre 5 et 10 millions d’Euros annuellement à l’acquisition de nouvelles connaissances. Rapidement intégrées à la banque publique de données géologiques, SIGÉOM, cette information scientifique permet la mise à jour en continue du potentiel minéral. L’accès gratuit à SIGÉOM, par Internet, permet aussi aux sociétés privées d’identifier elles-mêmes des cibles d’exploration de grande qualité, ce qui représente un atout important pour maintenir le rythme des découvertes. 
Cette stratégie porte fruit, car elle attire annuellement les investissements privés nécessaires à la recherche de nouveaux gisements, pour une variété de plus en plus grande de substances minérales.

La stratégie gouvernementale intègre aussi un plan de restauration d’anciens sites abandonnés, de tailles variables, et dispersés sur le territoire. Le début de l’exploitation minière remontant à la colonisation française, ces sites représentent l’héritage d’une époque où n’existait aucune contrainte environnementale. Désormais, la réglementation prévoit des dispositions financières et administratives rigoureuses, pour éviter l’abandon de nouveaux sites et pour s’assurer que les coûts de réhabilitation des sites actuellement en exploitation sont prévus et comptabilisés par les sociétés minières.
Implanté en 2007, le plan de restauration minière se traduit par des travaux annuels considérables, indispensables à la réutilisation sécuritaire de ces terrains. Le coût de ces travaux est inscrit au passif gouvernemental. La priorité est accordée à la neutralisation des rejets miniers générateurs d’acide, sur des sites exploités au XIXe et au XXe siècles et considérés aujourd’hui comme orphelins. Ces travaux, souvent réalisés avec le soutien des entreprises minières actuelles, se poursuivront systématiquement pendant tout le temps nécessaire à la restauration complète des anciens sites abandonnés.
Finalement, le troisième élément fondamental sur lequel repose la stratégie du gouvernement du Québec consiste à investir dans la formation de la main d’œuvre minière. À cet égard, l’Institut national des mines avise le ministre de l’Éducation des dispositions à prendre pour optimiser la formation, en fonction des besoins exprimés et des technologies disponibles.
Perspective historique de l’évaluation du potentiel minier  
Définir le potentiel minier du territoire québécois représente encore un défi, en particulier au nord du 49e parallèle. Cependant, dès l’époque de la Nouvelle-France, ce potentiel avait été esquissé à grands traits. Lorsqu’en 1534, Jacques Cartier aperçut pour la première fois le paysage rocailleux de la Côte-Nord, le découvreur du Canada n’était pas en mesure d’évaluer l’intérêt minier des roches granitiques et métamorphiques qui constituent les fondements de ce rude paysage.
Dès 1680, au cours de la première expédition terrestre menée par une troupe française vers la Baie-James, sous la gouverne du chevalier de Troyes, un dépôt de plomb et d’argent fut localisé au lac Témiscamingue. La première sidérurgie, les forges du St-Maurice, s’installa le long de la rivière éponyme en 1730, et la première carte minérale, synthétisant l’ensemble des connaissances du potentiel minéral des territoires français en Amérique, a été publiée en 1752. 

Tout en remontant le fleuve aux grandes eaux vers Montréal, Cartier, et d’autres par la suite, naviguèrent au milieu de la Vallée du Saint-Laurent, qui met à la disposition du Québec moderne des grès et des calcaires variés, aptes à la construction, et des shales parfois riches en gaz naturel. Ces matériaux sont exploités depuis le XIXe siècle pour la pierre de taille, la fabrication de ciment et de chaux agricole ainsi que pour la cuisson d’une brique rouge, utilisée dans la construction domiciliaire. Toutefois, les tentatives répétées d’exploitation du gaz naturel, présent dans le shale noir, ont, à ce jour, été vouées à l’échec
La réorganisation politique et sociale qui suivit la conquête britannique a ralenti cette lancée amorcée sous le régime français. Il fallut donc attendre le XXe siècle pour découvrir les grands gisements d’or, de cuivre et de zinc de l'Abitibi-Témiscamingue, qui font, aujourd’hui encore, la richesse du Québec.

Exploitation minière en contexte nordique  
La partie du territoire du Québec située au nord du 49ième parallèle est deux fois grande comme la France. L’exploitation de gisements dans ce vaste territoire nordique soulève plusieurs défis particuliers : l’accès terrestre, maritime et aérien limité ; la pénurie d’une main d’œuvre locale; l’absence d’infrastructures capables de fournir une énergie propre; la fragilité d’un environnement froid, sensible aux changements climatiques.

Par conséquent, bien que faisant l’objet de travaux d’évaluation, les richesses minérales du Nord-du-Québec demeurent à ce jour méconnues. Sur le territoire cri, Eeyou Itschee, la première découverte importante remonte à l’année 2005. Aujourd’hui, la mine Éléonore produit annuellement environ 300 000 onces d’or, et cette partie du nord québécois fait l’objet d’investissements systématiques. En effet, plusieurs sociétés d’exploration recherchent, de part et d’autre de la route de la Baie-James, d’autres gisements du même type que celui d’Éléonore. 
En s’éloignant de la route de la Baie-James, la situation se complexifie. Par exemple, la mise en exploitation du gisement diamantifère Renard a nécessité, au préalable, la construction d’une route secondaire longue de 350 km, reliant ce gisement à la route principale, qui dessert la communauté crie de Mistassini et la ville de Chibougamau. Toutefois, le raccordement au réseau hydro électrique national, qui aurait permis l’utilisation d’une énergie propre, nécessitait lui aussi un investissement majeur et générait des délais de construction incompatibles avec le plan d’affaire. La compagnie Stornoway a donc choisi le gaz naturel transporté par camions pour répondre à ses besoins en énergie. De plus, le personnel minier de la mine Renard provient de Mistassini, de Chibougamau et des régions méridionales du Québec. Le navettage par avion, indispensable aux déplacements de cette main-d’œuvre, et la construction sur le site minier d’installations (bureaux, logements, cafétéria, centre sportif) capables d’accueillir simultanément quelques centaines d’employés, pendant des périodes variants entre dix jours et deux semaines, ajoutent également aux coûts d’opération et augmentent la complexité logistique de cette opération minière.  
La fragilité de l’environnement nordique représente une autre particularité à prendre en considération car, bien que rude et désertique, le territoire inuit (Nunavik) subit les effets des changements climatiques. Concrètement, certaines communautés isolées, dispersées au pourtour des baies d’Ungava et d’Hudson, sont désormais aux prises avec la fonte accélérée du pergélisol. Or, depuis quelques décennies, cette population en forte croissance démographique exige davantage d’infrastructures, primordiales au bien-être des communautés. Simultanément, la fonte du pergélisol déstabilise les fondations des maisons, détériore les routes locales et abime les pistes des aéroports de brousse qui représentent les principaux liens de communication avec le reste du monde. Afin de stabiliser les maisons, les édifices publics et privés, les routes et les pistes d’aéroports de plusieurs villages inuits, il est devenu essentiel d’augmenter rapidement l’accès aux granulats, utilisés comme isolants pour diminuer les échanges de chaleur avec le pergélisol. Dorénavant, le programme gouvernemental d’acquisition de connaissances géologiques incorpore donc, systématiquement, des projets de localisation et de caractérisation de granulats exploitables, à proximité immédiate des communautés inuites
Des ententes sont régulièrement conclues au démarrage des opérations, avec les peuples autochtones  : comme celle de la société Glencore avec les Inuits, signée et renouvelée une première fois, après 15 ans d’exploitation minière, à la satisfaction des parties impliquées : en milieu nordique, ce type d’entente est désormais indispensable au démarrage de toute nouvelle mine car, malgré les percées technologiques et les innovations les plus récentes, il est utopique de croire qu’un projet minier d’envergure n’engendre aucun impact social ou environnemental. C’est particulièrement vrai au Nunavik, où chaque projet nécessite le déploiement d’infrastructures majeures, qui sont souvent les premières à apparaître dans le paysage.  
Les impacts sur l’environnement nordique, notamment sur les habitats fauniques, sont facilement perceptibles par la population. Par contre, les impacts sociaux, qui affectent durablement le mode de vie de petites communautés isolées, sont plus difficiles à percevoir, à documenter et à compenser. Désormais l’objet de recherche universitaire, ils sont également pris en considération par les autorités gouvernementales avant l’émission du bail minier et du certificat d’autorisation environnemental, nécessaires au démarrage d’une nouvelle mine. 
Certains types de gisements recherchés dans les territoires nordiques québécois, notamment les terres rares, le lithium, le cobalt et le tantale, sont associés à des technologies vertes émergentes. Le lithium figure au sommet de cette liste, car son exploitation est susceptible de permettre le développement d’une filière de transformation, reliée à la fabrication de composantes de véhicules électriques. Plusieurs gisements de qualité sont localisés à la Baie-James, à proximité d’infrastructures routières et hydroélectriques existantes. Certains de ces projets ont aussi fait l’objet d’ententes de partenariat avec le Grand Conseil des Cris, avec les communautés concernées et avec les investisseurs étrangers impliqués dans les travaux de mise en valeur. Toutefois, malgré plusieurs tentatives, aucune société minière n’a encore été en mesure de produire économiquement un concentré de Li à partir des gisements connus. 
La volonté de favoriser la transformation de ce type de minerai au Québec, clairement exprimée par le gouvernement, se heurte aussi à des impératifs commerciaux internationaux divergents. Par conséquent, les deux usines de transformation qui existent déjà dans la région de Montréal utilisent encore du Li importé. La plus importante, Bathium Canada, une filiale du groupe français Bolloré, fabrique des batteries de type LMP (lithium, métal, polymère).  
Défis de l’exploitation minière au XXIe siècle 
Au XXIe siècle, l’exploitation de mines et de carrières implique la recherche active de solutions originales à des enjeux sociaux et environnementaux au moins aussi complexes que les défis techniques propres à chaque exploitation. La maîtrise du génie minier ne suffit plus. Il est désormais impératif de répondre favorablement aux attentes citoyennes, qui accordent une grande importance à la gestion des impacts sociaux et environnementaux découlant de l’exploitation de nouvelles mines. L’exploitation de sablières, de gravières et de carrières n’échappe pas aux exigences de l’acceptation sociale des projets miniers. 
À titre d’exemples, afin de réduire de façon significative le bilan carbone d’une opération de grande envergure, telle la mine Canadian Malartic, une société peut choisir d’utiliser des équipements roulants électriques, plutôt que fonctionnant au diesel. La conclusion d’une entente de partenariat avec un centre local de formation de la main d’œuvre peut également contribuer à augmenter les retombées communautaires, économiques et sociales, en offrant aux gens qui le désirent la possibilité de devenir des opérateurs d’engins miniers. 
La gestion gouvernementale se resserre également. Cela se traduit par l’adoption de nouvelles dispositions législatives et réglementaires, qui assurent la prise en considération de l’acceptation sociale de tout projet, dès les premières étapes des activités d’exploration pouvant éventuellement mener à une exploitation minière. Dans le sud du Québec, ce contrat social informel est particulièrement difficile à obtenir dans les secteurs de villégiature, en périphérie des principaux centres urbains. Même si un projet d’exploitation prévoit une restauration adéquate pour rendre ultimement ces terrains disponibles à d’autres usages, les conflits y sont fréquents, car la présence d’une mine est perçue comme une entrave au développement des activités récréatives et touristiques, davantage valorisées. 
Conclusion 
Au Québec, l’image de l’industrie minière souffre de l’héritage du passé. Où qu’elle se trouve, une fosse à ciel ouvert et une aire d’accumulation de résidus, laissées à l’abandon par un exploitant minier disparu, marquent profondément l’imaginaire. Même si les exemples de restauration et de réutilisation d’anciens terrains miniers sont de plus en plus nombreux, en périphérie ,voire en plein cœur des villes et des villages du sud du Québec, le travail de restauration des sites miniers orphelins, générateurs d’acide, se poursuivra encore pendant de nombreuses années.  
Désormais, pour opérer avec succès, une société minière doit faire la preuve de sa responsabilité civile, de sa capacité à informer la population et de sa volonté à opérer les ajustements requis à son projet pour rencontrer les attentes citoyennes. En effet, en plus des permis officiels, toute nouvelle exploitation minière, incluant le sable, le gravier et la pierre, exige son acceptation sociale par les autres utilisateurs du territoire.  
Afin d’assurer la viabilité de nouvelles mines, les sociétés minières développent donc de nouvelles compétences parmi leurs personnels, ou alors elles font appel à des ressources externes spécialisées dans l’acceptabilité sociale des activités industrielles. 

Bibliographie 
BUACHE, P., Carte minéralogique où l’on voit la nature des terrains du Canada et de la Louisiane en 1752, Académie des Sciences, BAnQ, no.361702.

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Projet minier aurifère Développement durable de l’industrie des gaz de schiste au Québec : rapport d’enquête et d’audience publique, Rapport 273, 2011.Canadian Malartic : rapport d’enquête et d’audience publique, Rapport 260, 2009 ; projet de mine de fer du lac Bloom : rapport d’enquête et d’audience publique, Rapport 250, 2007.

CARTIER, J, Voyages au Canada  : avec les relations des voyages en Amérique de Gonneville, Verrazano et Roberval, Paris, François Maspero, 1981.

CHAPDELAINE, C., Des chasseurs de la fin de l’âge glaciaire dans la région du lac Mégantic  : découverte des premières pointes à cannelure au Québec, Recherches amérindiennes au Québec, volume 34, numéro 1, p.3-20, 2004.

GONTHIER, S., La ruée vers l’or de la Beauce  : 1840-1887, Activité minière et propriété foncière près de la rivière Gilbert, Mémoire de maîtrise en histoire, Université Laval, 2004.

Gouvernement du Québec, Convention de la Baie James et du Nord québécois, Les Publications du Québec, 1998.

Gouvernement du Québec, Institut national des mines, Plan stratégique 2018-2023, Québec, 2018.

Gouvernement du Québec, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Faire le Nord ensemble  : le chantier d’une génération, Québec, 2011.

Gouvernement du Québec, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune.Base de données géoscientifiques SIGÉOM, Québec, 2020), Restauration des sites miniers abandonnés  : Plan de travail 2020-2021, Québec, 2020.

Gouvernement du Québec, Institut national des Mines, École Abitibi : 11 années de partenariat Québec-France-Maroc dans la formation à l'exploration minière, Québec 2018. 

OBALSKI, J, District minier de Chibougamau, Dépt Colonisation, Mines et Pêcheries, Québec, Service des Mines, Rapport sur les opérations minières 1905.

OBALSKI, J, Exploration au Nord du comté de Pontiac, Département Colonisation, Mines et Pêcheries, Québec, Service des Mines, Rapport sur les opérations minières 1906. OBALSKI, J, Mines et Minéraux de la province de Québec, Québec,1889-1890.

RIVE, M., VERPAELST, P., GAGNON, Y., LULIN, J.M., RIVERIN, G., SIMARD, A., La Ceinture polymétallique du Nord-Ouest québécois, Institut canadien des Mines et de la Métallurgie, Volume spécial 43, 1990.

SAINT-PIERRE, G., GÉLINAS, G, C., VALLÉE, M., Les innovations dans le monde minier québécois, Gaëtan Morin éditeur, 1991.

SAMSON, R., Les Forges du Saint-Maurice  : les débuts de l’industrie sidérurgique au Canada, 1730-1883, Les Presses de l’Université Laval, 1998.

VALLIÈRES, M., Des mines et des hommes  : histoire de l’industrie minérale québécoise, des origines à aujourd’hui, Gouvernement du Québec, 2012. 

Selon l’Institut de la statistique du Québec (édition de 2017) ; la valeur des livraisons atteignait, métal et non métal confondus, 9473M$, sur un total de 436.000 MS (accroissement de 5% entre 2016 et 2017).

Aujourd’hui, certaines de ces pierres, valorisées pour leurs coloris et leurs riches textures, sont exploitées au « Royaume du Saguenay », entrevu par Jacques Cartier. Elles sont exportées à travers le monde comme pierres architecturales et ornementales. Poursuivant ses voyages de découverte, Jacques Cartier rallia ensuite la Gaspésie, qui révéla son potentiel cuprifère uniquement au XXe siècle... Cartier confondit de beaux cristaux de quartz avec du diamant, tandis que le miroitement métallique de la pyrite lui apparut, à tort, comme de l’or. Celui-ci se trouvait pourtant en abondance, tout près de là...Sa découverte, dans le ruisseau Gilbert, au XIXe siècle, déclencha une ruée aurifère d’envergure continentale.

La contribution française à l’évaluation du potentiel minier du Québec ne devait pas s’arrêter là. C’est une histoire profondément ancrée dans ses racines. Elle redoubla d’intensité avec l’œuvre de Joseph Obalski, ingénieur minier de l’Ecole supérieure des mines de Paris, nommé Directeur des Mines, puis professeur à l’Ecole polytechnique de Montréal par le gouvernement Chapleau, en 1881, dans le sillage de la première loi générale des mines dont se soit doté le Québec. Il ut à la source de la découverte de plusieurs gisements miniers importants, comme celle de mica uranifère au Lac-du-pied-des-monts, ainsi que de molybdène à Chibougamau et en Abitibi, alors peu accessibles, qu’il ouvrit à la prospection minière (du cuivre y fut découvert 10 ans plus tard et exploité à Rouyn Noranda). Une entente France-Québec d’envergure a été conçue depuis lors, notamment grâce à l’Université de Lorraine.

En Montérégie, neuf collines arrondies, contemporaines de l’ère des dinosaures, et disposées selon un alignement est-ouest, percent la Vallée du Saint-Laurent...la plus intéressante est sans doute le mont St-Hilaire, où une carrière de pierre, exploitée comme source de granulats, expose régulièrement de nombreux minéraux rares, forts appréciés des collectionneurs. Chaque colline y est aussi entourée de terrasses étagées, constituées par de grandes accumulations de sable et de gravier laissées à la suite du passage des glaciations quaternaires. La disposition de ces ressources minérales résulte de la disparition définitive, il y a environ 10 000 ans, du dernier glacier contemporain des plus anciens vestiges d’une présence humaine sur le territoire. Il s’agit d’éclats de pierres et de pointes de projectiles à cannelures, taillées pour la chasse au gros gibier.

Au Nunavik, l’alternative à la construction au sol sur une grande épaisseur de granulats consiste à construire sur pilotis. C’est la solution choisie par la société Glencore pour la mine Raglan, qui exploite du nickel dans le nord du Québec depuis plus de 20 ans, avec le soutien des communautés inuites impactées par ses opérations.

Depuis 2013, une deuxième société minière, Canadian Royalties Inc., exploite également une mine de nickel et de cuivre dans le Nord-du-Québec. La mine Nunavik Nickel CRI a également conclu une entente sur les répercussions et les avantages avec les sociétés foncières de Salluit et Kangiqsujuaq, avec la municipalité de Povungnituq, ainsi qu’avec Makivik Corporation, organisme sans but lucratif géré par les Inuits du Nunavik. Société minière privée, basée à Montréal, propriété exclusive d’une entreprise chinoise, elle emploie 600 employés directs et 400 sous-traitants. Ces personnels travaillent en rotation, sur un mode de navettage. Ils sont distribués d’une part, au camp EXPO adjacent au site minier, et d’autre part, au campement édifié au port de la baie Déception. L’Entente Nunavik Nickel CRI constitue l’engagement formel d’assurer une distribution juste et équitable des bénéfices économiques, conformément à la conventionde la Baie James et du Nord Québec.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents